UN MIX MARKETING MARQUE PAR LA DIFFÉRENCIATION


1-    Le produit :
il est important de noter qu’en marketing du showbiz musical, le produit est intimement lié au positionnement de l’artiste ; plus que les autres P, il permet de confirmer et de consolider son positionnement. En terme de produit nous allons prendre les paramètres suivants :
  •  Le look de l’artiste : nous notons que le look de l’artiste est au antipode de ce que nous avons eu l’habitude de voir au niveau des artistes coupé -décalé qui pour la plupart prônent une élégance corporelle et vestimentaire.  Sur le plan corporel nous constatons que l’artiste s’est laissé pousser une barbe à la « che guevara » avec des favoris qui rappelle plus Ernesto Djédjé ou James Brown. Cela lui donne un aspect de « bull dog » prêt à en découdre ; chose qui est loin de l’aspect « clean » de la plupart des artistes du coupé- décalé. Sur le plan vestimentaire, il opte pour des ténues qui font plus penser à un rappeur américain qu’à un artiste de variétés africaines : Grosses paires de baskets, Jean descendant aux fesses, tee-shirt aux motifs « underground », grosses paires de lunettes. Cette option vestimentaire est fait à dessein car les jeunes de sa cible son fascinés par les stars américaines (Jazzy, Lill Wayne, Kanye West …) ; adopter donc le même style vestimentaire que ces stars le rapproche plus de sa cible.  Nous conviendrons donc que par son aspect corporel et son style vestimentaire Arafat s’affirme comme un anticonformiste.
  • Les concepts : il est l’un des rares artistes africains à sortir chaque année 1 ou 2 concepts différents. Cela montre la grande créativité de l’artiste et la richesse de son talent. Il demeure celui là qui a le plus apporté au coupé- décalé en terme de richesse artistique ; nous pouvons citer entre autres : le Kpangor, le Zrôpôtô, le frapper Naboula, le kpakanka comme des concepts qui se sont imposés dans l’univers du coupé-décalé. Et ce qui est aussi notable, c’est qu’ Arafat est un excellent danseur ; chose qui donne une touche festivalière à toutes ses prestations. D’ailleurs chaque sortie de concept est accompagné d’une danse particulière.
  • Les pseudonymes de l’artiste : même les pseudonymes que ce donnent l’artiste contribuent à la confirmation de son positionnement  et à son rayonnement marketing. Commençons par son principal pseudonyme. Arafat : Ce pseudonyme fait déjà pensé au mont Arafat qui est un mont sacré. Ce pseudonyme principal donne donc une dimension particulière à l’artiste. Ensuite, il s’affuble d’autres surnoms encore plus ronflants : 3 500 volts, Dictateur Sao Tao, Commandant Zabra, qui illustrent toujours l’idée de sommet, de chef du mouvement coupé- décalé.
2-   La communication : à ce niveau l’artiste opte pour tous les outils ; des plus classiques, aux plus iconoclastes :
  • Le partenariat avec Moov Côte d’ivoire : c’est un partenariat gagnant-gagnant. Moov profite de l’aura de l’artiste. Et en retour cette entreprise assure le financement des spectacles mais encore plus ; elle permet à l’artiste d’être continuellement présent dans les medias : Télévision, Radio, Affichage, presse. Mais aussi à l’intérieur de son réseau en faisant des jeux SMS lors de chaque concert de l’artiste.
  • Présence sur le web : Cette présence sur le web est très accrue à travers les réseaux sociaux : des dizaines de clips de l’artiste sont sur Youtube ; chaque concept de l’artiste est d’abord diffusé sur youtube. C’est d’ailleurs l’artiste ivoirien qui a le plus de vidéos sur youtube. L’artiste a aussi plusieurs  profils Facebook avec des milliers de fans qui peuvent  suivre des vidéos ou avoir accès à des photos. Il faut aussi noter que son réseau de fan ou des magazines people en ligne alimentent la popularité de l’artiste en diffusant des vidéos ou des images de ses prestations lors de spectacles ou en boîtes de nuit. Ce canal de communication est parfaitement en adéquation avec sa cible qui est constituée de jeunes. En effet les jeunes passent plus de temps sur le net que sur les médias classiques.
  • Le buzz dû aux frasques de l’artiste : il nous arrive de nous poser la question suivante : est ce que les frasques de l’artiste ne se font pas à dessein ? et même si l’on peut dire que  l’artiste est naturellement abonné aux frasques, le buzz qui se crée autour, lui fait de la publicité. Des articles de presses en parlent , faisant une sorte de relation presse non conventionnelle. Dans le show biz « mieux vaut  être haïr qu’ignoré ».
3-   La distribution : A ce niveau l’artiste sort encore des sentiers battus, il décide de ne plus produire d’album mais de faire uniquement des singles. Et pour lutter contre la piraterie, ses chansons ne sont plus vendues sur CD mais disponible  en téléchargement libre sur le Web. Il décuple ainsi sa présence musicale sur le terrain grâce au téléchargement et à la transmission bluetooth de smartphone à smartphone ;  court-circuitant ainsi les canaux traditionnels de distribution. Désormais, il ne se fait plus de l’argent sur la vente de CD mais plutôt sur la myriade de spectacles pour lesquelles il est sollicité. Et cette abondance de sollicitation est due à l’énorme buzz suscité par ses productions téléchargeables et transmissibles à souhait. Nous estimons qu’Arafat exploite ainsi une nouvelle vision de la distribution des œuvres musicales : les compositions musicales deviennent gratuites afin de créer plus d’engouement et les spectacles deviennent quant à eux payants. L’artiste se fait désormais de l’argent sur les droits d’auteurs et les spectacles. Ce concept est gagnant pour l’artiste : il a été le premier artiste coupé-décalé avoir rempli le palais de la culture, lors de son dernier spectacle au stade de Bouaké il a rempli le stade,   il fait le plein des salles dans la sous-région et en Afrique en général.  Il n’y a pas de week end sans qu’il ne soit sollicité pour des prestations dans des boîtes de nuits et différents lieux de réjouissances à travers l’Afrique.
4-   Le prix : à ce niveau nous rappelons que seuls les spectacles de l’artiste sont payants. Et à ce propos il a à sa disposition un staff  qui goupille les spectacles. Et l’artiste se vend cher contrairement à certains artistes ivoiriens dont certains sont prêt à faire des prestations pour quelques bouteilles de bières. Ses cachets se discutent souvent à une vingtaine de millions de francs CFA pour certains spectacles.